
Le procès tant attendu de Franky Deplechin, responsable de la mort d’Antoine Alléno, s’est tenu hier au tribunal correctionnel de Paris. Ce drame, survenu le 8 mai 2022, avait bouleversé la France entière. Antoine Alléno, fils du célèbre chef étoilé Yannick Alléno, avait été percuté par une voiture alors qu’il se trouvait sur son scooter. Le verdict est attendu avec impatience, tandis que les réquisitions du procureur ont été particulièrement sévères.
Un drame qui a bouleversé le pays
Le soir du 8 mai 2022, Antoine Alléno, âgé de 24 ans, sortait de son restaurant où il travaillait et ramenait en scooter sa collègue Anisa. Alors qu’ils attendaient à un feu rouge dans le VIIe arrondissement de Paris, ils ont été violemment percutés par une Audi RS6 volée et conduite par Franky Deplechin. Ivre et sans permis, ce dernier roulait à une vitesse excessive (120 km/h dans une zone limitée à 30 km/h). Antoine Alléno a perdu la vie sur le coup, tandis qu’Anisa a miraculeusement survécu avec des blessures légères.

Les réquisitions du procureur : huit ans de prison ferme
Lors du procès qui s’est déroulé le 31 octobre 2024, le procureur de la République a requis une peine de huit ans d’emprisonnement contre Franky Deplechin pour homicide involontaire aggravé par deux circonstances : l’absence de permis et un taux d’alcoolémie élevé (1,56 g/l). Le procureur a également demandé une interdiction de conduire pendant dix ans et un mandat de dépôt immédiat, soulignant la gravité des faits commis par l’accusé.
Franky Deplechin encourt une peine maximale de dix ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende pour cet homicide involontaire. Il comparaissait libre sous contrôle judiciaire jusqu’à ce jour.

La défense minimaliste du chauffard
Durant l’audience, Franky Deplechin a reconnu les faits principaux mais a tenté de minimiser sa responsabilité en évoquant des trous de mémoire causés par son état d’ébriété. “Je reconnais tous les faits sauf les violences”, a-t-il déclaré en référence à l’accusation selon laquelle il aurait frappé le voiturier pour voler la voiture. Son avocat, Me Alexandre Simonin, a plaidé le “risque d’erreur judiciaire” et s’est alarmé d’une “mort sociale” certaine pour son client si une peine trop lourde était prononcée.
Me Joseph Cohen-Sabban, autre avocat de Franky Deplechin, a tenté de montrer que son client avait conscience du mal causé malgré ses réponses hésitantes. Il a souligné que Franky D. regrettait profondément ses actes et qu’il n’était pas un amateur de vitesse mais plutôt des grosses voitures.

Les complices également jugés
Deux autres hommes étaient jugés aux côtés de Franky Deplechin pour leur implication dans le vol du véhicule utilisé lors du drame. René Arnt, beau-père du prévenu, et Sniper Grateau, son beau-frère, ont été poursuivis pour vol en réunion. Le procureur a requis contre eux des peines plus légères : six mois d’emprisonnement pour René Arnt et neuf mois avec sursis pour Sniper Grateau.

Une attente insoutenable pour la famille Alléno
La famille Alléno attend désormais avec émotion la décision finale qui sera rendue le 28 novembre prochain. Depuis la mort tragique de son fils, Yannick Alléno s’est engagé dans un combat public pour la création d’un délit spécifique d'”homicide routier”, afin que les victimes de violences routières obtiennent justice plus rapidement et efficacement.
Ce procès relance également le débat sur la sévérité des peines liées aux accidents mortels causés par des conducteurs en état d’ébriété ou sans permis. Il met en lumière l’importance d’une réforme législative dans ce domaine.
Conclusion
Le décès tragique d’Antoine Alléno continue de résonner dans les esprits. Le procès qui s’est tenu hier marque une étape cruciale dans cette affaire. Alors que Franky Deplechin risque jusqu’à dix ans de prison pour cet homicide involontaire aggravé, la famille Alléno espère que justice sera rendue à la hauteur du drame qu’ils ont vécu.






