
Ce lundi 2 décembre 2024, Sciences Po Paris a été le théâtre d’un blocus organisé par des étudiants pour dénoncer l’inaction face à la situation en Palestine. Ce mouvement s’inscrit dans un contexte de tensions accrues au sein de l’institution, notamment après l’interdiction confirmée par le Conseil d’État d’une conférence de la militante palestinienne Rima Hassan.
Un blocus pour la Palestine
Dès 7h15 ce matin, des étudiants se sont rassemblés devant le campus de Sciences Po, rue Saint-Guillaume, pour exprimer leur mécontentement face à ce qu’ils considèrent comme l’hypocrisie de la France et de ses institutions concernant le conflit en cours à Gaza. Selon les organisateurs, cette action vise à dénoncer le silence complice des autorités françaises, qui pourraient, selon eux, jouer un rôle plus actif en faveur de la reconnaissance de l’État palestinien et dans la cessation des violences.
Le blocus s’est terminé vers 9h00 avec l’intervention des forces de l’ordre, qui ont repoussé les manifestants hors de la rue Saint-Guillaume. Les étudiants ont appelé les médias à couvrir cet événement pour donner de la visibilité à leur cause et sensibiliser l’opinion publique sur les enjeux internationaux liés au conflit israélo-palestinien.

La conférence de Rima Hassan interdite
Parallèlement à ces événements, le Conseil d’État a récemment validé l’interdiction par Sciences Po d’une conférence prévue avec Rima Hassan, eurodéputée de La France insoumise et militante pro-palestinienne. Cette décision a été justifiée par un risque avéré de troubles à l’ordre public. Le tribunal administratif de Paris avait initialement ordonné que la conférence se tienne, mais cette décision a été annulée suite à l’appel de Sciences Po.

La direction de Sciences Po a soutenu que cette interdiction était conforme à l’État de droit et nécessaire pour maintenir l’ordre dans un contexte déjà marqué par des mobilisations étudiantes. Toutefois, cette décision a suscité des critiques quant aux implications sur la liberté d’expression et a été jugée préoccupante par Vincent Brengarth, avocat de Rima Hassan.

Réactions et implications
Ces événements soulèvent des questions sur la gestion des libertés académiques et des droits d’expression dans les établissements d’enseignement supérieur. Sciences Po se trouve au cœur d’un débat national sur les limites entre sécurité publique et liberté d’expression, particulièrement dans un contexte où les campus universitaires deviennent des lieux de contestations politiques.
En conclusion, le blocus de ce matin et l’interdiction confirmée de la conférence illustrent les tensions actuelles à Sciences Po Paris. L’établissement doit naviguer entre ses responsabilités académiques et les revendications politiques croissantes de sa communauté étudiante. Ces événements reflètent un climat politique tendu où les institutions éducatives sont appelées à jouer un rôle actif dans les débats sociétaux contemporains.






