
Près de 300 agriculteurs bloquent la RN118 pour dénoncer l’accord Mercosur
Dimanche 17 novembre 2024, en fin d’après-midi, près de 300 agriculteurs franciliens se sont rassemblés sur la RN118, à hauteur de Vélizy-Villacoublay, dans les Yvelines. Cette action s’inscrit dans un mouvement national de protestation contre l’accord commercial entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, que les agriculteurs jugent dévastateur pour leur secteur. Le blocage, qui a débuté vers 16h, a entraîné d’importantes perturbations sur cet axe majeur reliant Paris à la province.
Pourquoi cette mobilisation ?
Les raisons de la colère des agriculteurs sont multiples. En premier lieu, ils dénoncent la concurrence jugée “déloyale” que représente l’accord Mercosur, signé entre l’Union européenne et plusieurs pays d’Amérique latine. Cet accord permettrait l’importation massive de produits agricoles, notamment de viande bovine, à des prix défiant toute concurrence. Les agriculteurs français, soumis à des normes sanitaires et environnementales plus strictes que leurs homologues sud-américains, estiment ne pas pouvoir rivaliser avec ces produits importés à bas coût.
“Nous sommes en train de perdre notre souveraineté alimentaire”, déclare un agriculteur présent sur place. “Cet accord va nous ruiner. Nous ne pouvons pas accepter que des produits qui ne respectent pas nos normes inondent nos marchés”, ajoute-t-il avec amertume.

Des actions coordonnées à travers la France
La mobilisation dans les Yvelines n’est qu’une partie d’un mouvement plus large qui touche actuellement toute la France. Depuis vendredi dernier, des actions similaires ont eu lieu dans plusieurs départements, avec des blocages routiers, des feux symboliques et même des dégradations de radars dans certaines régions comme l’Oise et la Sarthe. Les syndicats agricoles FNSEA et Jeunes Agriculteurs ont appelé à une intensification du mouvement ce lundi 18 novembre, avec des actions prévues dans plusieurs grandes villes françaises.
Dans les Yvelines, les tracteurs sont partis en convoi depuis plusieurs points stratégiques tels que Houdan et Étampes pour converger vers la RN118. La préfecture avait anticipé ces perturbations et conseillé aux automobilistes d’éviter l’axe dès 17h.
Un mouvement qui persiste malgré le déblocage
Ce lundi matin, après une nuit de mobilisation, les agriculteurs ont levé le blocage sur la RN118. Cependant, ils assurent que leur lutte est loin d’être terminée. “Nous avons levé le camp pour aujourd’hui, mais nous reviendrons si rien ne change”, avertit un porte-parole du mouvement. Les syndicats agricoles exigent non seulement une révision complète de l’accord Mercosur mais aussi des mesures immédiates pour soutenir une profession déjà fragilisée par des récoltes médiocres et la montée des coûts de production.
Soutien politique et perspectives
Le mouvement a également trouvé un écho dans le monde politique. Plusieurs élus locaux ont exprimé leur soutien aux revendications des agriculteurs. “Il est impératif que le gouvernement prenne en compte cette détresse”, a déclaré un député des Yvelines ce matin sur une radio locale. Certains partis politiques ont même profité de cette mobilisation pour critiquer la gestion du dossier par le gouvernement Macron, accusé de ne pas avoir suffisamment protégé les intérêts agricoles français lors des négociations européennes.
Alors que les tracteurs ont quitté la RN118, le bras de fer entre les agriculteurs et le gouvernement semble loin d’être terminé. Les prochains jours seront décisifs pour l’avenir de ce mouvement qui pourrait bien se durcir si aucune réponse concrète n’est apportée aux revendications du monde agricole.
Conclusion : Une colère qui ne faiblit pas
La mobilisation agricole dans les Yvelines s’inscrit dans un contexte national tendu où les agriculteurs se sentent abandonnés face aux enjeux économiques mondiaux. Le blocage de la RN118 n’était qu’une première étape d’une série d’actions prévues pour faire entendre leurs voix. Alors que le gouvernement tente d’apaiser la situation, il semble peu probable que cette colère disparaisse sans concessions majeures.
Les prochains jours promettent donc d’être cruciaux pour l’avenir du secteur agricole français et sa capacité à résister aux pressions internationales.






