
Dans un contexte économique tendu, le Premier ministre Michel Barnier a dévoilé jeudi soir un projet de loi de finances 2025 particulièrement ambitieux. Objectif affiché : réduire le déficit public à 5% du PIB en 2025, contre 6,1% prévus pour 2024. Pour y parvenir, le gouvernement mise sur un plan d’économies sans précédent de 60 milliards d’euros.

40 milliards d’économies dans les dépenses publiques
Le gros des efforts portera sur une réduction drastique des dépenses de l’État. Au total, ce sont 21,5 milliards d’euros d’économies qui sont prévus, dont 15 milliards liés à la stabilisation des crédits par rapport à 2024.
Concrètement, cela se traduira par :
- La suppression de 2 200 postes dans la fonction publique d’État
- Une baisse des aides à l’apprentissage
- Un report de la revalorisation des retraites au 1er juillet
Certains secteurs seront néanmoins épargnés, comme la justice et l’intérieur qui verront leurs budgets augmenter.
20 milliards de recettes fiscales supplémentaires
Pour compléter ces économies, le gouvernement prévoit également d’augmenter les recettes fiscales de 20 milliards d’euros[2]. Parmi les mesures phares :
- Une taxe exceptionnelle sur les bénéfices des 400 plus grandes entreprises françaises
- Une hausse d’impôt pour les foyers les plus aisés (revenus supérieurs à 250 000 euros par an)
- Une augmentation de la taxe sur les billets d’avion, incluant les jets privés
Un budget sous haute surveillance
Ce projet de budget sera examiné de près par la Commission européenne, qui a récemment mis en garde la France contre son déficit excessif. Le texte doit maintenant être débattu au Parlement, mais le gouvernement n’exclut pas le recours à l’article 49.3 pour le faire adopter sans vote.
Un pari risqué pour l’exécutif
Si Michel Barnier assure que ces mesures sont nécessaires pour éviter une crise financière, ce budget d’austérité risque de se heurter à une forte opposition, tant au sein de la majorité que dans l’opposition. Le Premier ministre joue gros sur ce projet de loi qui pourrait définir la suite de son mandat.






